Tout comprendre sur les modalités de l’indemnité de sujétion spéciale et son calcul

L’indemnité de sujétion spéciale (ISS) repose sur un mécanisme de calcul forfaitaire adossé au traitement brut indiciaire. Son assiette, ses taux et son périmètre de bénéficiaires ont sensiblement évolué depuis le décret n° 2021-1411 du 29 octobre 2021, qui a reconfiguré la cartographie indemnitaire de la fonction publique hospitalière.

Assiette de calcul de l’ISS et articulation avec le traitement indiciaire

L’ISS se calcule sur la base du traitement brut indiciaire annuel de l’agent, et non sur la rémunération globale. La distinction est fondamentale : les primes existantes, le supplément familial ou l’indemnité de résidence ne rentrent pas dans l’assiette.

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Le montant est déterminé par application d’un taux forfaitaire au traitement brut. Ce taux varie selon le corps d’appartenance et le versant de la fonction publique concerné. Dans la FPH, nous observons que la référence au décret 90-693 du 1er août 1990 reste le socle réglementaire, même après les modifications introduites par le Ségur de la santé.

Pour bien appréhender les modalités de l’indemnité de sujétion spéciale, il faut retenir que le caractère forfaitaire de la prime lui vaut son surnom courant de « prime des treize heures ». Le versement est mensuel, proportionnel à la quotité de travail pour les agents à temps partiel.

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Agent de la fonction publique consultant une grille de calcul d'indemnité de sujétion spéciale affichée dans un couloir administratif

Décret n° 2021-1411 : recentrage du périmètre des bénéficiaires hospitaliers

Le décret du 29 octobre 2021 a produit un effet que les fiches généralistes sous-estiment : l’ISS n’est plus une prime à périmètre large dans la FPH. Certains corps ont été explicitement sortis du champ de l’ISS pour basculer vers une indemnité spécifique créée par ce même texte.

Ce mouvement impose aux établissements un travail concret de re-cartographie. Il ne s’agit pas d’un simple changement de nom : l’indemnité spécifique Ségur obéit à ses propres modalités de calcul et peut, dans certaines configurations, se cumuler avec d’autres éléments du régime indemnitaire.

Agents concernés par le basculement

Les personnels qui ne relèvent plus de l’ISS sont ceux dont les fonctions ont été reclassées dans le cadre de la revalorisation Ségur. Concrètement, cela touche des agents administratifs et techniques hospitaliers qui percevaient auparavant l’ISS au titre de leur affectation en établissement.

  • Les agents titulaires d’un emploi permanent restent éligibles à l’ISS si leur corps figure toujours dans la liste annexée au décret 90-693 modifié
  • Les contractuels exerçant des fonctions similaires à celles des titulaires bénéficiaires conservent le droit à l’ISS, sous réserve de remplir les conditions d’exercice effectif
  • Les agents basculés vers l’indemnité spécifique ne peuvent pas cumuler celle-ci avec l’ISS, sauf disposition expresse

Nous recommandons aux services de gestion RH de croiser systématiquement le grade, le corps et l’affectation réelle de l’agent avant toute liquidation.

Cumul de l’ISS avec les autres primes hospitalières

La question du cumul génère des erreurs de liquidation récurrentes. L’ISS est cumulable avec la plupart des indemnités liées aux conditions de travail (travail de nuit, dimanche, jours fériés), mais son articulation avec l’indemnité spécifique Ségur et la prime de service obéit à des règles distinctes.

Groupe de fonctionnaires réunis autour d'une table pour analyser le calcul et les modalités de l'indemnité de sujétion spéciale

Règles d’articulation à vérifier

  • L’ISS se cumule avec l’indemnité de sujétions horaires (ISH), qui compense spécifiquement le travail en horaires décalés
  • Le cumul ISS et prime de service est possible, la prime de service étant liée à la manière de servir et non aux contraintes de poste
  • Le cumul ISS et indemnité spécifique Ségur est en revanche exclu pour les agents ayant basculé vers cette dernière
  • L’indemnité forfaitaire technique (IFT), réservée aux techniciens et techniciens supérieurs hospitaliers, constitue un régime indemnitaire autonome qui ne se confond pas avec l’ISS

Le comptable public peut engager sa responsabilité en cas de versement indu. Le Conseil d’État a d’ailleurs confirmé la mise en débet d’un comptable ayant liquidé l’ISS à un agent qui n’y avait plus droit, rappelant l’obligation de contrôle de la qualité de bénéficiaire.

Impact du temps partiel et des absences sur le montant de l’ISS

L’ISS suit la règle de proportionnalité applicable au traitement. Un agent à 80 % perçoit 80 % du montant forfaitaire. Les congés de maladie ordinaire maintiennent le versement pendant la période de plein traitement, puis le réduisent proportionnellement au demi-traitement.

Le congé de longue maladie ou de longue durée suspend le versement de l’ISS dès lors que l’agent cesse d’exercer effectivement ses fonctions. Cette règle s’applique aussi aux périodes de disponibilité et de détachement hors FPH.

En cas de mise à disposition, l’ISS reste à la charge de l’établissement d’origine si l’agent continue d’exercer des fonctions ouvrant droit à cette indemnité dans la structure d’accueil. La convention de mise à disposition doit le préciser explicitement.

La gestion de l’ISS ne se résume pas à l’application d’un taux sur un indice. Depuis la réforme de 2021, chaque établissement doit vérifier que ses tableaux de bénéficiaires sont à jour et que les agents basculés vers l’indemnité spécifique n’apparaissent plus dans les états de liquidation de l’ISS. Un audit régulier des lignes de paie concernées reste la meilleure protection contre les rappels et les mises en débet.

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